27 août 1925 - 27 décembre 1994
Jean Chevillard
« Chez moi, c’est près de mes amis ».
Issu d’une grande famille angevine de tradition chrétienne, il est le sixième d’une fratrie de quinze ! Autre particularité, une bienheureuse, Françoise Suhard, fusillées le 1er février 1794, fait aussi partie de l’histoire familiale, béatifiée par Jean-Paul II avec les martyrs d’Angers le 18 février 1984. C’est en pleine guerre, en 1941, que Jean Chevillard répond à sa vocation de Père blanc. C’est avec Alain Dieulangard qu’il va cheminer dans sa formation et ses études. Ils seront ordonnés prêtres ensemble en 1950. Lui aussi espérait être envoyé en Afrique noire pour vivre sa mission. Mais il est envoyé à Alger avant de parfaire sa formation par deux ans d’études d’arabe en Tunisie. Rapidement mis en responsabilité, il les exercera en Algérie, puis à Paris et de nouveau en Algérie dont il sera le responsable régional durant deux mandats de 1978 à 1984.
Après une année de recyclage passée à Paris, il retourne an Algérie, à Tizi Ouzou où il demeurera. Là, il exerce ce qu’il a toujours fait : une proximité avec les plus démunis en leur prodiguant aide sociale et étant à leur service comme écrivain public.
Ministère simple fait principalement d’écoute et d’entraide. Quand la violence commence à s’étendre au début des années 90, il assure : « Je sais que je peux mourir assassiné. Notre vocation, c’est de témoigner la foi chrétienne en terre musulmane. Pour le reste, Inch’Allah [à la grâce de Dieu] ! »
(cité dans Bienheureux ceux qui donnent leur vie ! Les martyrs d’Algérie, Thomas Georgeon, éditions du Signe, Strasbourg 2018, p. 29).
Son tout dernier voyage en France fut pour rejoindre les festivités liées au dixième anniversaire de la béatification de son aïeule.
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27.08.1925 Naissance à Angers
1941 Demande d’admission chez les Pères blancs
1941-1947 Scolasticat Sainte croix de Thibar (Tunisie) et études de théologie
25.09.1946 Prise d’habit à Carthage
29.06.1949 Serment perpétuel à Carthage
1.02.1950 Ordination sacerdotale à Carthage
1955 Nomination à Alger
1958-1972 Diverses responsabilités locales et provinciales
1973-1978 Assistant provincial à Paris
1978-1984 Régional d’Algérie (deux mandats)
1984-1985 Recyclage à Paris
1985-1994 Nomination à Tizi Ouzou
27.12.1994 Assassinat à Tizi Ouzou
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« Il ne m’avait rien demandé, il m’avait ouvert ses bras. Le Père n’a pas fait de moi un chrétien, mais il m’a conduit à Dieu, sans me prendre par la main, sans m’en parler, dans le langage spécifique aux hommes de cette religion. Il m’a suffi de le regarder vivre et méditer sur sa conduite pour me convaincre que la lumière de Dieu est une, quelle que soit la couleur que lui donnent les hommes ici ou là, et exorciser le mal qui m’habitait. Ma raison et mon jeune cœur se sont inclinés devant cette droiture, cette stoïcité, et cette extrême bonté que je ne soupçonnais pas chez les autres. Ces trente dernières années, son regard lumineux et paisible ne m’a pas quitté. Il avait choisi de vivre la générosité dans sa pleine dimension. »
(un ami, dans Jusqu’au bout de la nuit. L’Église d’Algérie, p. 129-130)« Jean Chevillard, un bloc, entier. Homme de principe, de stricte fidélité. Ses diverses responsabilités l’avaient marqué. Revenu dans le rang, il avait exprimé le désir de vivre à Tizi Ouzou, car disait-il, "il y a une communauté qui prie" ; il y avait retrouvé le père Louis Garnier, ancien supérieur régional comme lui, le père Alain Dieulangard et moi-même "le jeune". Deux jours par semaine, il me remplaçait au bureau social de Tizi Ouzou. J’ai découvert un homme tenace, presque têtu. Quand il prenait une cause en main, il ne lâchait pas, allait jusqu’au bout. Qu’il s’agisse de la nationalisation des écoles ou de la défense d’une veuve opprimée, il allait en mairie, au tribunal, à la préfecture. Il savait trouver la personne bien placée pour faire avancer telle affaire, pénible ou urgente. Outre qu’il trouvait solution au problème, partout, il rencontrait des gens "sympathiques", au mieux encore des "anciens élèves". Son caractère entier faisait que les coups de gueule lui étaient presque naturels, pas toujours justifiés et le comble est qu’il en avait conscience ! Aussi, une fois l’orage passé, le calme plat revenait comme si rien ne s’était passé. On aurait dit qu’il avait besoin d’éclater de temps à autre. »
(Éric Bladt, Missionnaire d’Afrique, dans C’était une longue fidélité à l’Algérie et au Rwanda, p. 108-109)
“ Notre vocation, c'est de témoigner la foi chrétienne en terre musulmane. Pour le reste, Inch'Allah! “

