L’amitié comme signe de paix

Mohamed Bouchiki

Pierre Claverie

Ce 1er août 1996, Pierre Claverie revient d’une réunion à Alger avec les autorités françaises. Il avait hésité à s’y rendre, et le retour surbooké avait été chaotique. En liste d’attente, il devait son retour ce soir-là, avec deux autres, au désistement de trois personnes sur le vol. L’escorte policière est là pour le réceptionner, ainsi que Mohamed, son jeune ami. Ils rentrent sans encombre à l’évêché. L’escorte repart, mais Mohamed insiste pour aider Pierre à porter ses bagages à l’intérieur. C’est sur le seuil de la maison qu’ils sont fauchés tous les deux par la violente explosion d’une bombe qui souffle la porte blindée qui donnait sur la rue. Sangs mêlés, ils sont à l’image de ce peuple affligé et de cette Église qui n’a pas voulu déserter son poste.

La maman de Mohamed est formelle… « La mort de Mgr Claverie et de mon fils Mohamed, c’était un signe de paix… de paix et d’amitié. Leurs sangs, leurs chairs étaient mélangées, déchiquetées… Alors ils sont tous mélangés ensemble, enterrés ensemble. Alors là, c’est un signe de Dieu que nous sommes tous des enfants de Dieu, soit chrétiens, musulmans. C’est ça le signe de paix et d’amitié. »

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