Photo d'une femme âgée souriante avec des rides et des cheveux gris ou blancs, éclairée doucement.

24 janvier 1927 - 8 mai 1994

Paul-Hélène
Saint-Raymond

“Lutter soi-même contre sa propre violence”

Issue d’un milieu privilégié, d’une famille nombreuse (neuf frères et sœurs), elle fréquente des établissements prestigieux : le collège Sainte-Marie de Neuilly, le lycée Fénelon puis la Sorbonne. C’est là qu’elle va fréquenter son aumônier, Mgr Maxime Charles avec lequel elle va collaborer au Centre Richelieu (1945-1948) puis à la Fédération française des étudiantes Catholiques qu’elle présidera (1948-1949).

C’est à l’Institut du Pétrole comme ingénieure dans un laboratoire de recherche industrielles qu’on la retrouve pour une première insertion professionnelle à Rueil-Malmaison (1949-1951). Mais en 1952, un appel la fait embrasser la vie religieuse chez les Petites sœurs de l’Assomption.

« J’ai le désir d’une disponibilité totale… où Dieu voudra » (Prier 15 jours avec Sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, Jean-François Petit, Nouvelle Cité, Bruyères-le-Châtel, 2020, p. 16).

Après des études de travailleuse familiale et d’infirmière, elle est envoyée comme missionnaire à Alger dans un centre médico-social. On l’appelle volontiers « Docteur Paul » et reçoit une centaine de malades entre 14h et 18h. Après une dizaine d’années à Tunis, Casablanca et Ksar El-Boukhari, elle revient à Alger et s’engage auprès de frère Henri Vergès à la bibliothèque de Ben Cheneb.

Lors d’un chapitre en septembre 1992, elle avait déclaré : « Nous croyons que tous les hommes sont habités par l’Esprit qui les conduit de l’intérieur même de leur tradition religieuse, vers leur vocation de Fils de Dieu. Appelées à demeurer dans cette maison de l’islam, nous sommes conscientes de la précarité de notre mission et par la même de la richesse du don que Dieu nous fait » (Prier 15 jours avec Sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, p. 19).

À Mgr Teissier qui enjoignait les communautés à réfléchir à la menace islamiste qui visait les étrangers depuis le 1er décembre 1993, elle répliqua :

« Père, de toutes façons, nos vies sont déjà données. »

Le pape François échange une poignée de main avec deux femmes lors d'une rencontre officielle, dans un lieu décoré avec des peintures murales et un éclairage chaleureux.

Sœur Paul-Hélène serrant la main de Jean-Paul II
(© Archives générales des Petites Sœurs de l’Assomption)

  • 24.01.1927 Naissance à Paris

    1942-1944 Baccalauréat Lettres, Philosophie et mathématiques
    Licence ès Sciences physiques - Chimie

    1949-1951 Secrétaire technique à l’Institut du Pétrole

    4.01.1952 Entrée comme aspirante chez les Petites Sœurs de l’Assomption

    25.07.1952 Prise d’habit

    29.07.1954 Premiers vœux

    1954-1957 Travailleuse familiale à Creil

    1957-1959 Diplôme d’état d’infirmière

    28.07.1960 Vœux perpétuels

    1960-1953 Infirmière à Rouen

    1963-1974 Envoi à Alger et insertion dans un centre médico-social

    1974-1975 Conseillère de la responsable régionale PSA du Maghreb et infirmière à Tunis

    1977-1984 Infirmière et responsable d’un service de prématurés à Casablanca

    1985-1988 Infirmière à Ksar El Boukhari

    1988-1994 Affectée à la bibliothèque de Ben Cheneb

    8.05.1994 Assassinée sur son lieu de travail

    • « Quelques jours avant son assassinat, j’étais entrée doucement, un matin, à l’oratoire, tandis que Paul-Hélène faisait oraison, je l’ai vue agenouillée tout contre le tabernacle, les mains tendues en geste d’offrande. Je n’ai pas pu m’empêcher de penser intérieurement : comme elle est donnée et offerte, notre petite sœur. » (Sr Aliette citée dans, Nos vies sont déjà données. 19 vies pour Dieu et l’Algérie, Thomas Georgeon, Christophe Henning, Bayard, Montrouge 2018, p. 28)

    • « En la voyant étendue, sereine sur le sol de la bibliothèque, m’est venue cette pensée : sa mort s’inscrit dans le même mouvement que sa vie. Elle disait souvent qu’elle n’avait jamais su faire deux choses à la fois. Cela lui était impossible. Une seule comptait : celle du moment présent, dans laquelle elle était toute son intelligence et son énergie, et vers laquelle elle courait à vive allure. Ainsi fut jusqu’au bout, celle dont j’ai partagé des années durant la vie, et qui m’est aujourd’hui plus présente que jamais ». (une consœur citée dans Jusqu’au bout de la nuit. L’Église d’Algérie, Robert Masson, éditions du Cerf – Saint-Augustin, Paris 1998, p. 66-67)

    • « Tu as passé trente années de ta vie au Maghreb et la plus grande partie en Algérie : tu aimais ce pays, tu lui as donné ta vie. Tu as été jusqu’au bout de ton désir, de témoigner de ta foi en terre algérienne ; il n’y a pas de mort, inutile. La tienne ne peut apporter ni haine, ni conflit ; elle est source d’apaisement, de rapprochement ; ce pays, Paul-Hélène, a besoin de toi plus que jamais. » (Témoignage de son frère André au cours des funérailles à Notre-Dame d’Afrique, 12.05.1994)

  • Bibliothèque :

    • Prier 15 jours avec Sœur Paul-Hélène Saint-Raymond, Jean-François Petit, Nouvelle Cité, Bruyères-le-Châtel, 2020.

Portrait d'un homme âgé portant des lunettes, en costume et chemise, souriant.