Un homme âgé souriant, portant une chemise à carreaux, un pull marron, un tablier bleu, se tenant dans un jardin entouré de plantes, tenant un bol de nourriture.

15 juillet 1930 - 8 mai 1994

Henri Vergès

« Dans nos relations quotidiennes, prenons ouvertement le parti de l’amour, du pardon, de la communion, contre la haine, la vengeance, la violence »

Frère Henri Vergès porte la douceur et la bonté sur son visage.Rien n’aurait pu disposer ce fils d’agriculteur d’un petit village en altitude des Pyrénées orientales au cheminement qu’il va vivre. Sa famille l’élève dans la foi chrétienne à l’ombre du sanctuaire marial de Font-Romeu. En été 1942, c’est un frère mariste qui va proposer à la famille d’intégrer Henri au juvénat d’Espira-de-l’Agly. Henri a douze ans. L’intégration est difficile et le contexte de la guerre n’aide pas. Pourtant, trois ans plus tard, il revêt l’habit mariste et prononce ses premiers vœux. Après son Brevet élémentaire, il se retrouve dès 1947 en charge d’une classe comme enseignant. La charge est trop lourde et il doit se reposer. Après ses vœux perpétuels, il reprend la charge d’enseignement et se trouve affecté à plusieurs établissements dans l’Ardèche et en Corrèze, puis dans la Drôme et dans l’Hérault, comme directeur.

Il poursuit aussi ses études, passe le baccalauréat et une licence en philosophie en 1968. Après des années de demandes, il est enfin envoyé en mission en 1969 en Algérie. Il va s’y insérer et assumer la responsabilité de l’école Saint Bonaventure à Alger (1969-1976). Il enseignera les mathématiques à Sour-El-Ghozlane (1976-1988) et dirigera la bibliothèque de la rue Ben Cheneb de 1988 à sa mort.

Très en recherche dans sa rencontre avec l’islam, il avait appris l’arabe et lisait régulièrement le Coran. Assez vite, il avait pris part au Ribât es-Salâm, groupe de partage islamo-chrétien se réunissant au monastère de Tibhirine depuis 1979.

« C’est une richesse ce Ribât qui me permet de réaliser le plus profond de moi-même… Ce qu’ont saisi les plus petits, c’est merveilleux. Tous ces chercheurs de Dieu, ce questionnement demeure : Dieu, chemine avec son peuple… Rencontrer l’autre me désinstalle. L’Esprit saint ne me laisse pas à l’aise et les autres non plus. Appel à découvrir en chacun ce qu’il a de positif, l’aider à en prendre conscience et l’accompagner sur le chemin. »

(Prier 15 jours avec Henri Vergès, Alain Delorme, Nouvelle Cité, Bruyères-le-Châtel, 2008, p. 15).

C’était pour lui entrer dans le réalisme et la force du
« cinquième évangile ».

Portrait d'une femme souriante avec de longs cheveux, représentée dans un style artistique en nuances de bleu et blanc.

Photo : (© Archives générales des maristes)