Une cérémonie religieuse avec un prêtre en robe rouge et une femme vêtue en habit traditionnel, dans un lieu religieux.

9 mai 1933 - 23 octobre 1994

Caridad Álvarez Martín

« Comme Marie ouverte à la volonté de Dieu »

Son histoire familiale est marquée très tôt par la mort. Avant-dernière d’une fratrie de douze enfants, deux de ses aînés sont fauchés tragiquement. Son père, puis sa mère décèdent aussi de façon très rapprochée. Elle a à peine 21 ans quand ses frères et sœurs se trouvent orphelins. L’année suivante, elle se tourne vers la vie religieuse. Elle intègre la congrégation des Augustines missionnaires et fait ses premiers vœux en 1958. Après une rapide formation d’infirmière, elle est envoyée en Algérie, à Constantine, en pleine guerre d’indépendance.

Mais sa santé la rattrape et elle doit rentrer en Espagne en 1964. Elle y restera au service de la cuisine dans un collège des pères augustins à Madrid, puis à León et Gavá. Vingt-six ans s’écouleront dans ces différents services en Espagne. C’est seulement en 1990 qu’elle est envoyée de nouveau en Algérie, dans la communauté de Bab-El-Oued.

Elle en devient le cœur et l’âme de la maison et y accueille les enfants notamment pour du soutien scolaire. Au cours du discernement communautaire des 6 et 7 octobre 1994, son assurance est totale : « Ici je me sens reflétée. Je reste ouverte et obéissante à ce que Dieu voudra de moi, à ce que voudront les supérieurs. Marie est restée ouverte au vouloir de Dieu ; peut-être cela lui a coûté. Dans les moments présents, je veux rester dans cette attitude devant Dieu ».

  • 9.05.1933 Naissance à Santa Cruz de la Salceda (Espagne)

    26.04.1956 Prise d’habit

    1958 Premiers vœux

    3.05.1960 Vœux définitifs à Constantine

    1964-1990 Retour en Espagne pour raison de santé. Services à Madrid, León et Gavá

    1990-1994 Service en Algérie (Bab-El-Oued)

    23.10.1994 Assassinat à Bab-El-Oued

    • « Autour d’une tasse de café, et en attendant Lourdès, pour prendre quelque chose, Esther et Caridad me confièrent leurs préoccupations par rapport aux pauvres du quartier. Leur nombre ne cesse d’augmenter. Elle se demandaient comment soulager la douleur, la faim et faire parvenir ce qu’on leur donnait à ceux qui en avaient besoin, tant de nécessiteux, qui étaient tous ou presque des proches de leur quartier. À un certain moment de la conversation, Caridad se tourne vers Esther qui était debout, juste à côté de l’évier. Elle me regarde et nous demande. « Que pouvons-nous faire cette année pour être heureuses en communauté ? Comment faire pour que rien y personne ne vienne prendre la place de nos relations communautaire ? Dans un sourire, Esther lui répond : nous nous y efforcerons. »

      (Sœur Maria-Jésus, citée dans Jusqu’au bout de la nuit. L’Église d’Algérie, p. 86)

Portrait d'une femme souriante portant des lunettes, costume foncé. Style artistique en pointillé, couleur bleue.

Sœur Caridad avec Jean-Paul II
(© Archives générales des Augustines Missionnaires)