Quatre femmes, dont deux en uniformes de travail, autour d'une table avec des vêtements ou des tissus. La scène semble se dérouler dans un atelier ou un espace de couture.

8 janvier 1930 - 3 septembre 1995

Bibiane Leclercq

« Découvrir des merveilles qui se cachent, des solidarités étonnantes, des générosités, des courages surhumains »

Dans les papiers personnels de sœur Bibiane, on a retrouvé une citation qui accompagnait une broderie : « Être avec et pour les autres en liberté, en gratuité, en joie, jusqu'au don de la vie, pour après retourner au Père, consumé » (Dietrich Bonhoeffer)

Cela dit peut-être tout de l’esprit de cette femme si donnée, si attentive aux autres. Ce tempérament vient sans doute d’une vie très tôt responsabilisée au sein d’une grande fratrie d’un milieu simple de cultivateurs. C’est à l’école ménagère de Roye qu’elle accomplit sa première formation. Elle attend que ses frères et sœurs soient autonomes pour annoncer sa décision d’embrasser la vie religieuse. La Congrégation l’accueille et l’envoie aussitôt, à sa surprise, en Algérie plutôt qu’en Afrique noire où elle se projetait volontiers. Elle reste peu de temps à Constantine et rejoint en 1964 Alger et le quartier de Belcourt pour assumer la direction et l’animation d’un centre ouvert par la commune d’Alger qui réclamait des sœurs pour l’administrer. C’est là qu’avec Angèle-Marie elles ont noué des relations de grande proximité avec les familles et les femmes du quartier pour la plupart très pauvres. Quand la violence s’est rapprochée, elle assurait en octobre 1994 : « Je suis persuadée que notre présence ici, dans ce quartier, a toujours été très importante.

“Il est là avec nous, avec moi, je n'ai pas peur”.

Elle est une réponse à l'attente de notre entourage puisque ce sont les gens du quartier qui ont demandé des sœurs. Actuellement ils demandent que nous restions ici au milieu d'eux... Je me sens impuissante devant tant de souffrance, mais je sais que Dieu aime ce peuple et j'ai une très grande confiance en Notre-Dame d'Afrique.

Le Christ a dit : « Le Père vous donnera tout que vous demanderez en mon nom », et je sais que même si, parfois, Il semble absent, Il est là avec nous, avec moi, je n'ai pas peur. Dans sa lumière il m'aide à découvrir des merveilles qui se cachent, des solidarités étonnantes, des générosités, des courages surhumains, l'Esprit est là à l'œuvre dans le cœur de chacun et chacune. Je choisis de rester pour répondre à la confiance qui nous est manifestée par tous et toutes et pour être une lueur d'espérance dans cette terre d'Algérie. »
(Nos vies sont déjà données. 19 vies pour Dieu et l’Algérie, p. 117)

  • 8.01.1930 Naissance à Gazeran

    1959 Admission dans la congrégation de Notre-Dame de Apôtres

    7.04.1961 Arrivée à Constantine

    1964 Arrivée à Belcourt et direction de l’école des Arts d’Alger

    8.03.1967 Vœux perpétuels

    1980 Nommée responsable de sa communauté

    3.09.1995 Assassinat à Belcourt

    • « Elle nous parlait de ses retraites chez les clarisses sur les hauteurs d’Alger, où elle pouvait prier dans le calme des jardins, et surtout à Tibhirine où elle pouvait se ressourcer, spirituellement et physiquement au milieu de cette merveilleuse nature » (Monique, citée dans Nos vies sont déjà données. 19 vies pour Dieu et l’Algérie, p. 108)

Deux femmes habillées en habits de religieuses, l'une travaillant sur un métier à tisser avec un tableau de broderie, l'autre montrant un rouleau de papier.

Sœurs Angèle-Marie et Bibiane
(© Archives générales Congrégation Notre-Dame des Apôtres)

Portrait d'une femme avec des cheveux courts, portant un costume, expression neutre, style artistique en points.