Une personne en robe beige devant un paysage de montagnes et de forêt, avec un ciel clair.

21 mai 1944 - 23 mai 1996

Michel Fleury

Michel, la discrétion et le sourire.

Michel Fleury n’est pas homme à attirer l’attention tant il était discret, et pourtant, tous ceux qui l’ont rencontré se souviennent de son sourire, de son écoute, de sa douceur. Né dans un petit village de Loire-Atlantique dans un milieu très modeste, il a grandi dans une petite fratrie, avec un frère aîné et une sœur.  C’est en trayant les vaches avec sa mère qu’il lui partage son appel à devenir prêtre. Il a 14 ans. Il va intégrer un Petit séminaire, puis le grand séminaire de Nantes. Mais ses supérieurs ne vont pas lui reconnaître une vocation presbytérale. Erreur de discernement ? C’est ce qui semble se profiler aujourd’hui selon de récents éléments. Il va donc se réorienter vers la vie consacrée auprès des plus pauvres au sein de l’Institut lyonnais du Prado. Il va connaître la vie ouvrière et s’y engager à fond notamment dans la vie syndicale.

Page de livre ouverte de la Bible avec des annotations, sur la gauche, et un carnet de notes rempli de différentes couleurs de stylo avec des notes manuscrites variées sur la droite.

Frère Michel et son psautier
(© Association des écrits des 7 de l’Atlas)

Au bout de huit années, il ressent un appel à la prière et cherche une communauté monastique. C’est à l’abbaye de Bellefontaine qu’il va postuler en 1980. Peu de temps après ses premiers vœux, la conférence d’un prêtre ayant vécu un engagement en Algérie le bouleverse et il demande à rejoindre la Trappe de Tibhirine. Il y débarque avec frère Bruno, qui avait lui aussi été interpellé par ce témoignage le 28 août 1984. Il s’y intègre parfaitement, et c’est donc à Tibhirine qu’il va faire sa profession perpétuelle. Très apprécié de son prieur pour sa profondeur, il va être institué « lecteur » et gardien de la prière de la communauté. Son psautier témoigne de cette habitation, lettre par lettre, retracées en surimpression… Il va aussi demander à faire partie du Ribât es Salâm, très sensible au témoignage des musulmans et à l’émulation spirituelle reçue d’eux. Ses carnets sont remplis de prière recopiées, parfois adaptées.