Célestin Ringeard
29 juillet 1933 - 21 mai 1996
La musique comme prière
Célestin Ringeard est dans la catégorie… inclassable ! Né à Touvois, il grandit à l’ombre d’un sanctuaire marial tout proche : Notre-Dame de Fréligné. Il est le petit dernier d’une fratrie de trois. Son père meurt quelques semaines après sa naissance, ce qui lui vaut d’être placé rapidement auprès d’une nourrice. Il va développer une hypersensibilité pour les plus pauvres. Sa vocation s’affirme rapidement et il part au petit puis au grand séminaire de Nantes. À peine ordonné prêtre en 1960, sa vie et ses engagements nous font sillonner les quartiers populaires du Nord de Nantes. Ses carnets d’adresses sont édifiants. Il notait les noms, prénoms des personnes visitées, ceux des enfants, les dates de naissance et autres dates significatives quand il y en avait pour le suivi des familles. Puis, en 1975, suite à un conflit autour d’une affaire impliquant un prêtre de l’équipe, il choisit, avec un autre prêtre de l’équipe de démissionner. On le retrouve à poursuivre son engagement comme éducateur de rue. Puis un événement traumatique, le suicide sous ses yeux d’un jeune homme) le plonge dans un épisode très dur.
Cela va ouvrir la porte de son cœur à un autre appel. Il allait très souvent se ressourcer auprès des moines de Bellefontaine afin d’assumer ce quotidien si engageant.
C’est là qu’il va demander à entrer en 1983. Il y fera ses premiers vœux et sera lui aussi profondément interpellé par la conférence du Père Jean Levent. Tibhirine lui fait signe, d’autant qu’il a connu l’Algérie durant son service militaire. Il demande donc à rejoindre Tibhirine, ce qui lui sera accordé en septembre 1986. Là-bas, c’est un ancien officier du FLN qu’il avait sauvé de l’exécution qui l’accueille, après avoir passé vingt-cinq ans à rechercher sans relâche son bienfaiteur. C’est la musique de la joie qui ne va plus le lâcher. C’est depuis lors qu’il couchera toutes ses émotions sur tous les bouts de papier qui tomberont sous sa main et mettra sa foi hors norme en partitions musicales. Chantre, mais musicien ignoré de sa communauté, il ne cessera de partager son bonheur de vivre en Algérie à ses nombreux correspondants et amis qui n’ont jamais déserté son cœur.
Frère Célestin avec sa famille et frère Christian à l’hôtellerie
(© Association des écrits des 7 de l’Atlas)
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29.07.1933 Naissance à Touvois (Loire-Atlantique)
1945-1953 Petit séminaire à Legé, puis Rezé
1953-1957 Grand séminaire à Nantes
1957-1959 Service militaire en Algérie
17.12.1960 Ordination sacerdotale à Nantes
1961-1962 Professeur au Petit séminaire de Legé
1963-1975 Ministère paroissial à Saint-Herblain, puis à Nantes
1975-1983 Éducateur de rue
8.09.1983 Admission au noviciat de l’abbaye de Bellefontaine
8.09.1985 Premiers vœux
13.09.1986 Arrivée à Tibhirine
1.05.1989 Vœux solennels à Tibhirine
27.03.1996 Enlèvement avec six de ses frères par un groupe armé
21.05.1996 Mort selon un communiqué du GIA
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Témoignage de Francis Boulangé, (LVN) : https://www.lvn.asso.fr/2011/04/autour-de-celestin-ringeard/
Témoignage d’Étienne Baudry, moine de Bellefontaine, KTO, 7.12.2019) : https://www.ktotv.com/video/00203557/sur-les-traces-de-trois-martyrs-dalgerie
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Biographie :
LES MOINES DE TIBHIRINE, Heureux ceux qui espèrent. Autobiographies spirituelles, textes recueillis et présentés par Marie-Dominique Minassian, avec le concours de l’Association pour les écrits des 7 de l’Atlas, les familles des moines, les communautés de Notre-Dame de Bellefontaine, de Tamié, d’Aiguebelle et de Notre-Dame de l’Atlas à Midelt (Maroc), Série Les écrits de Tibhirine, Tome 1, Paris, Cerf-Bayard-Bellefontaine, 2018, p. 257-303.
Écrits :
MINASSIAN Marie-Dominique, Joachim NEGEL (Dir.), La musique du Bienheureux Célestin Ringeard, moine de Tibhirine, Les études sur Tibhirine et les martyrs de la fraternité 7, Academic Press, Fribourg 2025.

